Yersin ou l’exemple du savant explorateur

Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger ! disait Alexandre Yersin à sa mère dans une correspondance riche et longue, qu’il entretenait également avec sa sœur. Le ton est donné, la phrase reviendra souvent dans le livre Peste & Choléra de Patrick Deville.

Qui connaît Yersin ? Pas grand monde n’est-ce pas ? Ce fut pourtant l’un des plus grands esprits du début du 20e siècle. Il a fait parti de la première équipe de l’Institut Pasteur créé en 1187. Pus il a découvert à Hong Kong la bacille de la Peste qui porte son nom. Il met également au point le vaccin qui l’éradiquera. L’un des fléaux du monde est enfin en passe d’être régulé et compris. Mais il n’a pas fait que ça : il s’est adonné à des multiples projets, n’a cessé d’apprendre dans de nouveaux domaines scientifiques : physique, biologie, astronomie, ingénieur et j’en passe.

Il fut également baroudeur en Asie, a inventé l’ancêtre du Coca-Cola sans le développer ni déposer de brevet. Il développe en Indochine, à Nha Trang, la culture de l’hévéa et de l’arbre à quinquina, ce qui lui assure la richesse et la tranquillité, loin de cette saleté de politique et les guerres mondiales qui en découlent. Il fut un ours, un hurluberlu, un taiseux n’en faisant qu’à sa tête. Ses pieds le démangeaient et il partait. Oubliez l’image du rat de laboratoire !

Un savant explorateur de la pure souche en somme, comme nous en retrouverons peu maintenant où la science est collective et institutionnalisée. Pour suivre ses pas, il a fallu que Patrick Deville plonge dans les archives de l’Institut Pasteur où sont conservées les milliers de lettres envoyées à la sœur et la mère de Yersin. Un énorme travail qui s’est soldé par le Prix Fémina.

Il n’est pas courant qu’un tel prix récompense une aventure scientifique et cela a piqué ma curiosité. Je m’empresse donc de lire Peste & Choléra. Je reste baba devant sa vie incroyable et foisonnante, digne d’un héros de Jules Verne. L’écriture est poétique et musicale, j’ai bien aimé même si j’avoue que cela me berçait au point de sommeiller sur certains passages. Ce qui m’a frappé, c’est que l’auteur l’appelle toujours par son nom, Yersin, et presque jamais par son prénom. Yersin, ça sonne bien je trouve. Peut-être que cela explique son choix ?

Bref, ce livre vaut le détour : la vie de Yersin mérite d’être mieux connue.

Livre Peste et Choléra
[Scan couverture]

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